Tanzanie - Pierre Barre - Génie Civil

archives

Karibu sana Tanzania

16 octobre 2018

Le titre de l’article signifie «Bienvenue en Tanzanie». 

Si vous y allez un jour, ce seront sûrement ces mots que vous entendrez le plus, tout comme leur musique. Où il y a de la vie, il y a de la musique. De septembre à décembre 2017, j’ai eu la chance de vivre 4 mois dans ce pays. J’habitais à Pomerini, un village de 4000 habitants dans la région d’Iringa en plein centre du pays, chez Mama Noveta. Elle s’appelle comme ça parce que sa fille aînée s’appelle Noveta. Les femmes changent de nom lorsqu’elles ont leur premier enfant. Du coup, dans les répertoires des téléphones tanzaniens, il y a presque seulement des Mama…

Mama Noveta partage son terrain avec Tulime, l’ONG italienne pour laquelle je faisais mon stage. Etant donné que j’étais le seul bénévole sur place à ce moment là, c’était un peu comme si je vivais avec elle. J’habitais donc avec cette dame, Regina sa nièce, Zebedayo son fils ainsi que Clelia, une jeune étudiante qui travaille pour Tulime. À la maison, il y avait des cochons, des vaches, des poules, un potager et des champs de maïs. On pourrait appeler ça une ferme. En réalité, à Pomerini, toutes les maisons ont des poules, des vaches ou des cochons, c’est donc assez commun. On se nourrissait principalement de nos récoltes, et une à deux fois par mois, on allait à la ville acheter d’autres légumes ou féculents. Pour les grandes occasions par contre, on tuait un poulet ! Mama et Clelia se relayaient pour faire la cuisine et je donnais un coup de main quand j’avais le temps. Le plat le plus commun en Tanzanie s’appelle Ugali. C’est une pâte à base de maïs et d’eau que l’on roule en boulettes entre ses doigts et qu’on mange avec des épinards ou des fèves. Ce n’est pas très raffiné, mais bien nourrissant.

Le projet sur lequel je travaillais principalement concernait le village d’à côté, Kitowo, à environ 8km de Pomerini. Je m’y rendais en vélo ou en voiture lorsque j’apprenais qu’il y en aurait une qui prendrait la route. Il y a peu de voitures au village. Une grosse douzaine maximum, dont 3 qui appartiennent aux moines franciscains qui sont les partenaires de Tulime pour ce projet. En 2017, un puit a été foré et cinq fontaines ont vu le jour dans ce village pour permettre aux habitants un accès à l’eau potable. Quand je suis arrivé en Septembre, il restait deux fontaines à construire. Ma tâche fut donc de terminer les travaux et surtout d’écrire un manuel d’entretien pour ce nouveau réseau d’eau, de sorte à ce que la population puisse le gérer de manière indépendante. Je travaillais en parallèle sur un projet similaire dans un autre village,qui commençait tout juste. Là je devais faire un bilan de la situation sur l’approvisionnement en eau des habitants. Je travaillais aussi sur un projet de micro-crédit avec Clelia, il fallait rencontrer les gens ayant reçu un prêt et essayer de les aider pour leurs affaires.

Mon quotidien était assez changeant. Lorsque je n’étais pas sur le terrain ou en visite chez les clients du micro-crédit, j’allais travailler dans les bureaux de MAWAKI, l’association des pères franciscains, où il y avait le seul bon accès à internet du village, et de la bonne compagnie. Vers 17h j’allais souvent au terrain de foot du collège-lycée du village. On s’y retrouvait, lorsqu’on le pouvait, pour jouer avec les jeunes du village. Parfois, on attendait une heure avant de trouver un ballon. En décembre par exemple, il y avait très peu de joueurs car c’est le début de la saison des pluies et tout le monde est sur les champs pour planter le maïs, les haricots, petits pois, etc… La plupart des gens vivent de leurs récoltes.

Le dimanche, j’allais à la messe. Je ne comprenais rien au début car la messe est en swahili, mais les chants sont assez entraînants et un des frères a finalement trouvé un missel en français pour que je puisse suivre. Presque tout le village allait à la messe, c’est aussi un peu le lieu des retrouvailles et discussions. Et puis, j’ai fini par apprendre un peu de swahili et comprendre de mieux en mieux.

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la façon dont se déroulent les funérailles. La tradition veut que la famille du mort invite tous ses proches et les gens du village pour un grand banquet en l’honneur du défunt. Ce sont des occasions de retrouvailles et de beaucoup de réjouissances. Souvent les convives restent éveillés et dansent toute la nuit ! Le plus beau c’est que les autres villageois donnent tous un peu d’argent pour les aider car la plupart n’ont pas les moyens d’organiser des grands banquets.

Mon expérience dans un pays en développement était très réjouissante, pleine de vie et de perspectives d’avenir. Avec les nombreuses aides humanitaires et surtout les actions du nouveau président Magufuli, l’économie tanzanienne me semble en bonne voie !

Pierre Barre, étudiant en génie civil

newsletter en PDF

IdM publie une newsletter chaque mois contenant des articles abordant l’actualité et des projets de développement.

Point Sud en PDF

Le Point Sud, magazine plus complet, est publié une fois par semestre s’intéressant au thème du développement et aux retours de stage.

Leave a Reply

Your email address will not be published.